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Colince Ngaha Poungoue : « J’aurais voulu servir mon pays, mais c’est difficile »

Ngaha Poungoue au sortir d'une réunion du comité exécutif de la fédération régionale de football  dont il est membre Ngaha Poungoue au sortir d'une réunion du comité exécutif de la fédération régionale de football dont il est membre Colince Ngaha Poungue

« La force du travail et de la persévérance dépassent les frontières ». Ces propos plein de philosophie sont de Ngaha Poungoue Colince Strobel, et résument parfaitement le parcours  exceptionnel de ce jeune camerounais devenu, à 37 ans, entraîneur du Fc Nyva Vinnytsa, club professionnel de troisième division, en Ukraine. Pays dans lequel il vit depuis 16 ans et où, comme partout en Europe, être  « homme de couleur » n’a pas que des avantages. Titulaire d’une licence B UEFA, le natif de  Bafang, région de l’Ouest, a pourtant réussi, par son savoir-faire, à s’arroger la confiance des supporters et  dirigeants  de Nyva Vinnytsa Fc. Devenu entraîneur  il y a à peine deux ans, Ngaha Colince a accepté, dans un entretien à Camerlinked, de revenir sur sa modeste carrière de footballeur professionnel. Malgré son épopée Ukrainienne, le technicien n’oublie pas son Cameroun natal et livre quelques recettes de son ascension inédite.

Un coach noir-africain sur le banc de touche  d’un club professionnel européen, c’est assez rare. Dans quel contexte s’est déroulée votre nomination et  comment avez-vous vécu cette promotion ?  

Effectivement c’est rare de voir des entraîneurs Noirs en Europe et je peux dire que c’est toujours sensationnel. Mais avant moi il y a eu un entraîneur noir-brésilien qui a fait un bref passage dans un club de Premier League Ukrainienne. Si ma nomination est une sensation à l’échelle de l’Ukraine voire de l’Europe, on ne peut pas en dire autant dans la région où je vis. Car j’ai été pendant deux ans capitaine de Nyva Vinnytsa (l’équipe où j ai été nommé coach principal). En plus j’ai fait parti du staff technique quand j’ai arrêté de jouer. Avant de quitter le club pour une équipe amateur de ma région. C’est dans cette équipe avec laquelle j’ai fait un parcours sans faute, en tant que entraîneur-joueur, durant la phase aller du championnat amateur que j’ai eu l’honneur d’être nommé entraîneur principal du FC Nyva Vinnytsa. Pour beaucoup de supporters du club avec le départ de l’ancien coach, ma candidature était privilégiée. Ma popularité ayant joué en ma faveur aussi.

Parlons de votre parcours et expérience en tant que entraîneur…

En dehors de ma relative petite expérience de coach, il faut noter que je suis promoteur d’une école de foot pour les tous petits dans la ville de Vinnytsa Depuis 2017. Cette académie porte mon nom, Colins Football Academy. Ce qui est très osé pour un Noir ici dois-je avouer. Mais là, une fois de plus ma popularité a joué en ma faveur.  Mon académie compte près d’une centaine d’enfants organisée dans plusieurs catégories. Cela montre à  quel point je suis intégré ici en Ukraine.

Quels sont vos projets en tant  que technicien camerounais ? Seriez-vous prêt à mettre votre savoir-faire au service de votre partie ? Si oui, à quelles conditions ?

Je dois beaucoup à l’Ukraine dont je suis désormais citoyen à part entière. C’est un pays qui m’a beaucoup donné. Je lui en suis et serai toujours reconnaissant. Cependant, je n’oublie pas mes origines, le Cameroun mon pays de naissance. Et j’aurais bien voulu lui rendre service en apportant mon humble contribution à son épanouissement dans mon domaine. Mais dans le contexte actuel où le football camerounais vit des heures difficiles à cause gestion qui ne brille pas par son professionalisme, il m’est difficile de me voir acteur du football camerounais pour l’instant. Je suis titulaire d’une licence d’entraîneur B UEFA et je postule pour obtenir la licence A UEFA. Donc peut être qu’un jour je me retrouverai à coacher un club Camerounais et une pourquoi pas une équipe nationale. Mais pour le moment je me consacre à mon nouveau club. En gardant espoir que les choses changent positivement et si on fait appel à moi, pourquoi pas.

Quel message pourriez-vous adresser à ceux parmi vos confrères qui souhaiteraient connaître la même reconnaissance internationale que vous ?

Les difficultés qu’ont les entraîneurs de couleur noire ne cesseront pas du jour au lendemain. Car bien au delà du football, l'integration des Africains en Europe a encore du chemin. Mais je pense qu’il faut cesser de regarder et écouter ce qui se dit autour. Et travailler dur pour montrer son génie.  Tout ça commence par des bonnes bases scolaires et une bonne formation. Et toujours espérer qu’un jour votre le talent et le savoir-faire prendront le dessus sur toutes ces appréhensions. En résumé: la force du travail  et la persévérance dépassent les frontières. Mais il est important que les africains, les fédérations fassent confiance à leurs propres entraîneurs et pas toujours se tourner vers ces «sorciers» venus d'ailleurs. Ce serait aussi un signal fort.

Dernière modification le mercredi, 30 janvier 2019 19:07

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